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mercredi 17 décembre 2014

Témoignage d'écrivain...

J'avais longuement évoqué ICI la Tridimentionnalité, 
Cette capacité que nous avons de pouvoir intégrer
 le passé, le présent et le futur des êtres et des objets.
Tridimentionnalité qui fait partie des grandes valeurs de l'Existence.

Howard Cutler, psychothérapeute, décrit ici sa prise de conscience de la Tridimentionnalité :

Alors que le Dalaï Lama lui explique l'importance de l'autre dans notre bonheur, il ressent une forte résistance, considérant son autonomie et son indépendance comme quelque chose d'essentiel. Il avoue même son mépris pour les gens trop dépendants, y voyant un signe de faiblesse....

"Et pourtant, cet après-midi là, à l'écoute du dalaï-lama, il se produit en moi quelque chose.
Je me surprend à tirer discrètement sur un fil qui dépasse de ma manche, et je songe à tous les gens concernés par la confection de cette chemise. J'imagine d'abord le fermier qui cultive son coton, et puis le concessionnaire auprès duquel le fermier a acquis son tracteur. Et les centaines, voire les milliers de personnes impliquées dans la fabrication de ce tracteur, depuis celles qui ont extrait le minerai nécessaire à la fabrication de chaque pièce de l'engin jusqu'à ses concepteurs. Et ensuite, évidemment, les gens qui ont transformé ce coton, qui ont tissé l'étoffe, l'ont coupée, teinte et cousue. Les dockers et les camionneurs qui ont livré ma chemise au magasin, et le commerçant à qui je l'ai achetée. Une pensée m'envahit : pratiquement tous les aspects de ma vie dépendent des autres. Ma précieuse autonomie est une complète illusion, un fantasme. Une profonde sensation d'interdépendance naît de cette prise de conscience. J'en éprouve un soulagement et, je ne sais pourquoi, cela me donne envie de pleurer"

Encore une jolie photo de Elena Shumilova

Belle journée

A bientôt

Frédérique

Livre cité : 
L'art du bonheur
Sa Sainteté le Dalaï-Lama
Howard Cutler
Edition Robert Laffont
Collection Aider la vie
ISBN : 2-221-08937-5
ISBN original : 1-57322-111-2

mercredi 5 février 2014

Tridimension ?

Selon Larousse : "Qui existe en trois dimensions"

(tableau de Mihai Criste)

La sophrologie est le résultat d'un travail considérable.
Le professeur Caycedo n'est pas un mystique qui a "pondu", après une nuit agitée, une méthode passe-partout.
Des années de rencontres et de travail pour poser les bases de la méthode
Puis de nouveau des années de rencontres et de travail pour enrichir, affiner la méthode, la ciseler à l'or fin (Une de mes expressions favorites)
La Sophrologie Caycédienne, comme toute science, n'est pas une méthode finie. Elle s'enrichit des recherches de chacun, chercheurs et sophrologues. Et la force de la Sophrologie Caycédienne est justement cette capacité à évoluer.
Chaque sophrologue caycédien transmet la méthode mais est aussi acteur de son évolution. par ces constats, ses ressentis, ses perceptions, il peut  son tour amener sa pierre à l'édifice, transmettre et partager pour faire évoluer.

La Sophrologie Caycédienne est forte de cette tridimensionnalité (Un passé, un présent, un futur) tout comme l'est l'être humain.
Le présent n'existe pas en lui-même. Il est un fraction de temps du passé vers le futur. Dès le premier degré de la méthode, cette notion apparaît
"Je fus, je suis et je serais" : Juste en faire le constat
Puis peu à peu, elle prend toute sa dimension
L'acte d'écrire les phrases précédentes fait déjà partie du passé. Tenir mon crayon en l'air et y penser, mon présent. Envisager et écrire d'autres phrases, fait partie du futur.
Le présent est le passage du passé vers le futur, même si la perception du présent semble plus longue. 
"Le seul présent qui pourrait exister c'est celui qui est dans mon esprit" dit Gaspar Galaz, astronome.
Ce présent est notre présent. Notre présent est la somme de souvenirs (de perception conscientes ou inconscientes, d'émotions, de sentiments) et d'anticipations.
Anticipation, parce que, comme le précise Jean Claude Ameisen dans son très beau livre "Sur les épaules de Darwin": "Notre conscience est toujours en retard par rapport à ce que nous vivons comme l'instant présent, mais elle est aussi paradoxalement, souvent déjà projetée dans ce qui n'a pas encore lieu... Ce que nous appelons le présent, l'instant présent, est en partie un souvenir du passé, et, en partie une anticipation de l'avenir. Une oscillation, en nous, qui va et vient en permanence, entre les deux sources, qui puise à ces deux sources. Entre mémoire et attente. Entre souvenirs et désirs."
Souvenirs conscients ou pas. Désirs conscients ou pas.
Tout comme le philosophe et musicologue, Victor Zuckerkandt écrit : "Entendre une mélodie c'est, à chaque instant, à la fois entendre, avoir entendu, et être prêt à entendre. Et ainsi le passé et le futur sont donnés avec le présent, et à l'intérieur même du présent. Et nous faisons l'expérience du passé et du futur avec celle du présent, à l'intérieur même du présent;"

Ainsi donc, un être humain ne peut être ramené à ce qu'il est là, devant nous. Pour chacun, faire l'expérience de sa Tridimensionnalité, c'est prendre conscience que son présent est constitué de ce qui l'a construit dans le passé et sa projection vers le futur. Prendre conscience que je ne suis pas né(e) de la dernière pluie, tout comme je ne suis pas né(e) de ma propre naissance. L'humanité tout entière dans son évolution, et même l'histoire du Monde participe à ce que je suis aujourd'hui. 
Découvrir sa Tridimensionnalité, c'est découvrir tout ce qui a été mis en place , toutes les capacités développées pour arriver à ce que je suis aujourd'hui.
Et découvrir sa Tridimensionnalité, c'est aussi la révélation de ce tronc commun entre Toi et Moi, de tout ce qui nous unit, de tout ce qui nous renforce. "Je prends conscience que tout comme moi, cet être debout face à moi, est riche de sa Tridimensionnalité. Et cela change tout dans ma relation à l'Autre. L'Autre qui n'est plus un inconnu. "Je te reconnais et tu me reconnais"
Et notre relation elle-même peut désormais ce vivre dans sa Tridimensionnalité.

Belle journée

Frédérique

vendredi 8 février 2013

Séjour Sophro... et lecture

Tout d'abord un grand merci au site 
"La rando et nous"
qui a concocté un très joli article sur les séjours sophrologie que j'organise à la demande.
Vous pourrez lire ici

Et puis je voudrais ajouter un nouveau livre
dans la bibliothèque : 

"La guérison du monde"
de Frédéric Lenoir



Il expose tout d'abord notre société telle qu'elle est aujourd'hui, la maladie qui la détruit, le consumérisme à outrance, mais surtout il expose les valeurs universelles à l'ensemble des cultures et des êtres.

Ces valeurs que l'on découvre tout au long de la  Méthode de la Sophrologie Caycédienne®
avec au premier cycle, les valeurs fondamentales : biologie, famille, société, histoire, culture...
Le second cycle : l'essence même de l'Homme : l'énergie, la contemplation, le schéma corporel, la pensée...
Le troisième cycle : Quand j'ai découvert le socle de mon existence (mon corps, mes capacités, mes valeurs fondamentales), que j'ai cherché au plus profond de moi, ce qui fait que Je Suis, Je peux me projeter, aller de l'avant dans les valeurs existentielles (mon rapport au monde, à l'Autre)

Frédéric Lenoir explique simplement à travers des auteurs, des exemples, le sens de ces valeurs, en quoi elles sont communes et essentielles et comment elles peuvent permettre de remettre l'Homme au centre de la société.

Un tout petit bémol, propre à une sophrologue caycédienne, 
Il manque la Tridimension... L'importance de connaître et d'intégrer son passé, pour vivre pleinement son présent et se projeter en confiance et force dans l'avenir. Cette valeur qui projetée à l'Existence permet de prendre en considération le Monde et l'Autre dans toute sa dimension.

Un livre très facile à lire et qui pousse à réfléchir...


mardi 27 novembre 2012

La vieille dame grincheuse...

Peut-être connaissez-vous ce très beau texte : 

Poème retrouvé dans les affaires d’une vieille femme morte dans un hôpital

La vieille femme grincheuse

Que vois-tu, toi qui me soignes, que vois-tu ?
Quand tu me regardes, que penses-tu ?
Une vieille femme grincheuse, un peu folle,
Le regard perdu, qui n’y est plus tout à fait,
Qui bave quand elle mange et ne répond jamais.
Qui, quand tu dis d’une voix forte « Essayez »,
Semble ne prêter aucune attention à ce que tu fais,
Et ne cesse de perdre ses chaussures et ses bas.
Qui, docile ou non, te laisse faire à ta guise,
Le bain et les repas pour occuper la longue journée grise.

C’est ça que tu penses, c’est ça que tu vois ?
Alors, ouvre les yeux, ce n’est pas moi,
Je vais te dire qui je suis, assise là si tranquille,
Me déplaçant à ton ordre, mangeant quand tu veux.
Je suis la dernière de dix, avec un père et une mère,
Des frères et des sœurs qui s’aiment entre eux.
Une jeune fille de seize ans, des ailes aux pieds,
Rêvant que bientôt elle rencontrera un fiancé.
Mariée, déjà à vingt ans, mon cœur bondit de joie,
Au souvenir des vœux que j’ai fait ce jour-là.
J’ai vingt-cinq ans maintenant et un enfant à moi,
Qui a besoin de moi pour lui construire une maison.
Une femme de trente ans, mon enfant grandit vite,
Nous sommes liés l’un à l’autre par des liens qui dureront.
Quarante ans, bientôt il ne sera plus là,
Mais mon homme est à mes côtés qui veille sur moi.
Cinquante ans, à nouveau jouent autour de moi des bébés,
Nous revoilà avec des enfants, moi et mon bien aimé.

Voici les jours noirs, mon mari meurt,
Je regarde vers le futur en frémissant de peur.
Car mes enfants sont tous occupés à élever les leurs,
Et je pense aux années et à l’amour que j’ai connu.
Je suis vieille maintenant et la nature est cruelle,
Qui s’amuse à faire passer la vieillesse pour folle.
Mon corps s’en va, la grâce et la force m’abandonnent,
Et il y a maintenant une pierre là où jadis j’eus un cœur.

Mais dans cette vieille carcasse, la jeune fille demeure,
Le vieux cœur se regonfle sans relâche.
Je me souviens des joies, je me souviens des peines,
Et à nouveau je revis ma vie et j’aime.
Je repense aux années, trop courtes et trop vite passées,
Et accepte cette réalité implacable que rien ne peut durer.

Alors ouvre les yeux toi qui me soignes et regarde,
Non la vieille femme grincheuse, regarde mieux, tu me verras.

(merci Claude pour ce partage...)

(photo empruntée sur internet - si vous connaissez le nom de son auteur, merci de me le signaler...)

Quel regard porter sur cette femme ?
Pour les sophrologues, on comprend ici toute la force de la pratique du cycle existentiel. 
Si le cycle radical permet d'avoir un regard nouveau sur soi, le cycle existentiel est indispensable pour découvrir le  monde qui nous entoure dans toute sa force et sa beauté. 

Pouvoir regarder cette femme avec toute son histoire (ce que l'on appelle la Tridimentionnalité en sophrologie) : Ce qu'elle a été, ce qu'elle est aujourd'hui avec sa dignité et le respect que l'on doit à tout être, découvrir toutes ces capacités, permettre l'échange. 

Quelle merveille cette femme cache-t-elle sous cette attitude effacée ou revêche ? 
Quelle souffrance notre aveuglement fait-il naître en elle.
Apprendre à regarder l'autre permet de mieux se regarder soi à travers elle...
Quelle image avons nous de nous même pour ne pas voir le beau chez l'autre.

La répétition des "exercices" du cycle existentiel permet d'aller toujours plus loin dans notre propre découverte à travers celle de l'autre.

Et si le malheur est contagieux, le bonheur l'est aussi...
Si cette femme est heureuse, nous le serons aussi...

Ceci n'est en rien une leçon de moral, il est ce vers quoi je veux aller, chaque jour...
Rien n'est définitif, tout est à refaire chaque jour...

Mais l'Espoir est une de nos capacités....

Belle journée

Frédérique